Presse: le web vu par le print… ou presque

Une batterie de questions permet de mettre en exergue les problèmes posés par la déclinaison des titres de presse sur la Toile.

Un carnet de réflexions posté par un professeur de l’Ecole de journalisme de Sciences-Po, désormais reconnue par la profession, me permet d’aborder une question à la fois délicate compte tenu de mon emploi au sein d’une rédaction web partageant la même marque qu’un magazine… mais essentielle pour l’avenir du contexte au sein duquel j’évolue.

Si la séparation des rédactions semble, aujourd’hui, un moyen efficace pour dissocier les différents temps et techniques d’écriture, la question de leur collaboration reste néanmoins posée, l’enjeu étant de faciliter les échanges, aussi bien pour le lecteur que pour le journaliste, d’un support à l’autre. « Pouvez-vous imaginer qu’il existe un socle dur où le journalisme imprimé pourra résister sans que le numérique emporte tout ?« , s’interrogent Jean-François Fogel, professeur associé, et ses étudiants. La logique de territoires tend à s’effacer, le Web constituant davantage un relais de croissance qu’un rouleau compresseur pour les éditions imprimées. La question a aussi pour but de répondre aux problématiques posées par Eric Scherer, en charge du programme MediaWatch à l’AFP, dans une récente publication.

Modèle économique

Les exemples de quotidiens ayant suspendu leur édition print le prouvent: exclusivement numérique, la marque, gage de qualité, perd de sa puissance. Si les sites de presse crées par des journaux – principalement des quotidiens – trustent les premières places en termes d’audience, ce n’est pas seulement pour l’exhaustivité ou la rapidité des contenus mis en ligne, mais également par repérage par rapport à une marque.

La question du modèle économique, lancinante, est aussi posée – « Avez-vous des modèles de sites payants qui ont réussi ?« . Lemonde.fr vient de fêter le cap des 100.000 abonnés, parmi lesquels 60.000 provenant du print. Les Echos et Le Figaro ont lancé des sites d’information financière à forte valeur ajoutée, mais dont les chiffres n’ont pas été communiqués. La récente zone abonnés de Libération.fr, lancée en septembre dernier, peine à tenir ses objectifs. Le New York Times fera prochainement payer l’accès à son site – modèle innovant – au bout d’un certain nombre d’articles lus. La facturation semble donc être réservée à un public particulièrement restreint, avide d’informations… et prêt à payer.

Quant à la dernière question qui retient mon attention – « Ce que l’on produit est-il toujours nécessaire, pour l’audience jeune notamment ?« , c’est la notion d’offre qui s’impose. Comment susciter l’envie de consulter le site, de se différencier, d’apporter une valeur ajoutée ? Qu’il soit jeune ou non, le lecteur est en droit d’attendre du Web la même exigence que le print: du contenu adapté aux attentes de sa cible et de son support.

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